Dans une société où l’employeur met de plus en plus l’accent sur la politique du bien-être en entreprise, certains employeurs incitent leurs travailleurs à produire encore plus et toujours mieux. Et pour y parvenir, certains travailleurs n’hésitent pas à recourir à certaines drogues, voire à un verre d’alcool pour décompresser.  Alcool et drogue, éclaircissements sur l’utilité d’une politique interne préventive… 

Beaucoup de travailleurs consomment régulièrement de l’alcool, et ceux qui n’en consomment pas s’excusent de ne pas en consommer. Certains ont essayé les drogues, mais personne ne parlera d’addiction. Comment rester dans les normes ? Comment mettre en place une politique préventive ?

Image à l’ancienne

A l’esprit, vient encore souvent l’image de l’ouvrier d’il y a quelques décennies, qui, après avoir récupéré sa paye de la semaine, rejoignait ses collègues au bistrot pour fêter leur journée de travail terminée tout en buvant un petit rouge ou une petite bière. Bien souvent, une grosse partie de leur paye restait entre les mains du bistrotier. Ce qui n’était pas pour plaire à l’épouse, qui attendait la paie de son mari afin de pouvoir remplir le frigo pour la semaine.

L’alcool, le médicament anti-stress

Encore aujourd’hui, trop de travailleur terminent leur journée de travail au café du coin, entre collègues, pour souffler après une journée de travail. Et pour beaucoup d’entre eux, ce rendez-vous est quotidien.

La consommation d’alcool à proximité du lieu de travail dépasse maintenant les différentes classes. Le repas du midi est bien souvent accompagné d’un verre de vin ou deux, lors d’un déjeuner entre collègues. Un anniversaire, une naissance, une augmentation, et hop !, direction le bar du coin pour fêter l’événement. Plus l’entreprise grandit et augmente le nombre de travailleurs, plus les événements à fêter se succèdent !

Dry January ou Tournée Minérale, les actions de sensibilisation visant à inciter à un mois « sans » (alcool) se développent. Mais outre ces initiatives privées que les travailleurs choisissent ou pas de suivre, quel est le rôle de l’employeur ?

La drogue et les médicaments, prohibés

Par drogue, on peut entendre différentes substances, licites ou illicites, comme

  • les médicaments : stimulants, somnifères, analgésiques, calmants, anti-stress, etc.
  • les drogues dures et douces mais illicites, c’est-à-dire interdites à la production, à la vente, à l’usage et à la détention : cocaïne, héroïnes, LSD, opium, cannabis, extasy, etc.

La plupart des effets de ces différents produits se prolongent sur le lieu de travail. Certains peuvent agir pendant une très longue durée comme par exemple

  • les somnifères, certains agissent encore après un tour de cadran ;
  • le LSD, peut avoir une durée d’action jusqu’à 10 heures ;
  • l’héroïne, se ressent entre 4 et 6 heures d’affilées.

Mais aussi…

Le café… Et oui ! Lors d’une consommation exagérée de café, celui-ci peut mettre le consommateur dans un état de stress, le rendre surexcité, ou encore l’énerver et/ou le rendre énervant pour ses collaborateurs…

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Les effets néfastes

Toutes ces substances ont un effet désastreux sur la santé, la capacité d’écoute, la réactivité, et bien sûr, pour l’organisme.

De plus, les humains ne sont pas égaux. Certains sont moins résistants que d’autres, et réagissent plus vite à certaines substances.

Les effets néfastes sont nombreux, et peuvent entraîner des troubles psychiques, physiques et des risques sociaux. Suivant la substance consommée, les troubles suivants existent :

  • psychiques : vertiges, nausées, diminution de la vigilance, décrue des réflexes, pertes de mémoire déshydratation, dérèglement du rythme cardiaque, etc.
  • physiques : anxiété, confusion, nervosité, panique, délires, instabilité de l’humeur, hallucinations, etc.
  • risques sociaux : désinhibition, violence, attitudes provocatrices, etc.

Le taux de la substance active dans le sang est parfois trop élevé le lendemain matin après sa prise, ce qui peut présenter des risques pour les personnes devant pratiquer des activités où la vigilance est importante, comme la conduite.

Que peut cacher cette dépendance ?

Le stress engendré par certains métiers, ou par certains employeurs, pousse le travailleur à s’adonner à la boisson, une fois rentré chez lui. Et pour certains, cette addiction commence dès la pause de midi. Les plus fragiles émotionnellement sont aussi les plus vulnérables, et les plus propices à tomber dans ce travers.

Cette addiction peut parfois cacher des problèmes sérieux liés au travail, comme du harcèlement ou des états de stress extrême sur le lieu de travail.

N’omettons pas le fait que certains travailleurs se mettent eux-mêmes la pression, en voulant toujours faire mieux que leurs collaborateurs, et en voulant perpétuellement être le premier. Pour ceux-ci, le remède est simple : apprendre à lever le pied !

Les effets recherchés lors de la prise de drogue, varient pour chaque travailleur. On y recherche notamment l’apaisement, l’euphorie, un moment de détente et de bien-être afin de soulager l’anxiété et le stress quotidien.

Certaines drogues apportent également une sensation de force extrême, une stimulation neurologique et physique, ainsi qu’une disparition de la fatigue.

Alors comment ne pas en devenir dépendant ? Pour éviter alcool et drogue au travail : l’employeur doit mener une politique interne.

Les obligations de l’employeur

Afin de suivre l’optique de la politique du bien-être en entreprise, chaque employeur a l’obligation de mettre en place sa propre politique préventive en matière de drogue et d’alcool au sein de son entreprise.

Ainsi, l’employeur se prémunit et anticipe les problèmes que peuvent poser la prise de ces différentes substances chez ses travailleurs. Il a également le moyen d’agir en cas de suspicion.

Le travailleur, lui, est averti des sanctions auxquelles il peut s’attendre. Cette politique vise à mettre un frein à ces envies nocives, et à avertir des sanctions encourues.

L’idéal est de rappeler régulièrement l’existence de cette politique, ainsi que les sanctions auxquelles les travailleurs s’exposent en cas de fraude, dans le règlement de travail de l’entreprise. Sans oublier d’insérer une courte mention sur le sujet dans le contrat du travailleur le renvoyant vers le règlement de travail.

L’employeur possède ainsi un moyen d’action immédiat en cas de besoin.

D’autres actions

Pour un maximum d’impact, l’employeur peut organiser une formation dédiée à tous ses travailleurs, afin de les sensibiliser sur la prise de substances sur le lieu de travail. Il pourra ainsi aborder différents points comme la dépendance engendrée, les risques encourus sur le lieu de travail et au volant d’un véhicule, des dangers pour soi-même, ses collaborateurs, ainsi que sa famille.

L’alcool et la drogue au travail : une politique interne correctement menée peut entraîner également un soutien entre collaborateurs, afin d’aider ceux qui sont déjà atteints par ces dépendances.

Et parfois pour certains, l’alcool au travail est nécessaire

Quelques exceptions existent toutefois, sur la répression de l’alcool.

Dans une entreprise de brasseur ou de viticulture, ou encore pour un sommelier, consommer de l’alcool est monnaie courante, et même obligatoire pour certains ! Car pour connaître son produit, il faut le goûter, le déguster, le commenter, seul ou à plusieurs. Et de nouveau recommencer la dégustation, avec un client, puis deux, puis trois.

Dans certaines entreprises, la tolérance est de zéro !

Dans une entreprise de réparations automobiles, de conceptions et/ou de vente de pneus, la tolérance est en générale égale à zéro. Car les techniciens doivent tester les véhicules, se déplacer avec, sur un circuit, sur une route, et ces véhicules ne leur appartiennent pas.

Une politique sur-mesure

La meilleure prévention effectuée par l’employeur pour des utilisations d’alcool et de drogue au travail doit donc reposer sur une politique interne sur mesure. Inutile de reprendre celle de l’entreprise voisine, active dans un secteur distinct, avec ses propres contraintes, idées et modes de fonctionnement. La meilleure politique sera celle qui prend en compte les particularités de l’entreprise concernée, mise en place en collaboration avec les travailleurs impliqués.

En tant qu’employeur, je souhaite mettre en place une politique interne sur l’alcool et la drogue au sein de mon entreprise.

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